Comme chaque été depuis maintenant 4 ans, l’Orchestre National de Lille s’offre une petite fantaisie dans son programme en proposant un événement plus festif pour célébrer l’été et la fin de la saison.
Quelques semaines après la fin du Lille Piano festival, c’est avec un programme mettant en valeur le compositeur allemand Kurt Weil que l’orchestre a donné rendez-vous à ses habitués.
Nicolas Fournier.
Photo : Ugo Ponte.
Une soirée entre jazz, opéra et humour au Casino Barrière, portée par les œuvres de Kurt Weill, John Kander… et les facéties d’Alex Vizorek.
À peine son chef arrivé sur la scène de Casinon Barrière, l’Orchestre National de Lille entame immédiatement le programme de la soirée avec deux compositions de John Kander. Il est rejoint par la soprano Isabelle Georges qui se donne à fond pour interpréter le jazzy Life is Cabaret qui donne le thème de la soirée. Elle enchaîne ensuite de manière plus calme Mein Herr du même auteur seulement accompagnée par un piano. Le public est ravi : la musique est entraînante et il peut en profiter pleinement avec les textes surtitrés qui apparaissent au-dessus des musiciens.
Un autre invité de marque entre alors en scène : Alex Vizorek.
L’humoriste belge poursuit sa collaboration (pardon son partenariat, le mot étant d’après lui trop connoté, car la plupart des chansons jouées datent de l’entre-deux-guerres) avec cette soirée en remettant dans leur contexte historique les compositions. Et ses explications sont les bienvenues :, par exemple la présentation du Bœuf sur le toit de Darius Milhaud (qui donnera son nom à une salle de spectacle parisienne et dont l’expression « faire un bœuf » entre musiciens est une référence à ce lieu), composé durant le séjour brésilien de son auteur. Ce qui explique les faux airs de samba qui caractérisent cette composition.
Arrive enfin la seconde partie de la soirée. Place à un peu d’opéra avec Les sept péchés capitaux écrits par Berthold Brecht et composés par Kurt Weil. Comme le rappelle une nouvelle fois Alex Vizorek, le texte de Brecht se veut politique. Et l’humoriste de faire un dernier parallèle entre les années 1930 et la politique actuelle de Trump et consorts. Une dernière petite blague sur Léon Zitrone (?) qu’il doit expliquer en anglais à Joshua Weilerstein, le chef américain de l’orchestre et il laisse place à la musique.
La suite est plus simple à comprendre pour le directeur artistique de l’Orchestre National de Lille : Anna (interprétée par Bella Adamova) raconte en chanson son périple américain faisant halte dans 7 villes chacune caractérisant les 7 péchés capitaux. L’ensemble est rythmé avec la présence d’une danseuse, double mobile de la mezzo-soprano tchèque, tandis qu’un chœur masculin exprime ses états d’âme. La mise en scène est moderne avec l’usage de téléphones portables dont les vidéos prises ne direct son projetées sur un écran à côté de la scène.
Un dernier standing ovation pour les artistes présents ce soir et les spectateurs peuvent repartir vers chez eux ou faire un détour par les machines à sous. Pour L’orchestre c’est désormais vers la saison 2025-2026 que les esprits se tournent.